L’écart canon-sortie désigne une incompatibilité établie de contenu ou de portée entre ce que le canon déclare (énoncés, conditions, exclusions, limites, négations gouvernées) et ce qu’un système d’IA restitue dans ses réponses. Il nomme la distorsion d’interprétation une fois qualifiée : la sortie peut être plausible, mais incompatible avec le canon.
L’écart canon-sortie est une unité de diagnostic centrale : c’est ce qui permet de sortir du débat d’opinion (« c’est vrai ou faux ») pour entrer dans une qualification documentée (« c’est compatible ou incompatible avec le canon, dans le périmètre examiné »).
Définition
Un écart canon-sortie est une incompatibilité établie de contenu ou de portée entre une restitution et les énoncés, conditions, exclusions ou limites canoniques applicables à la situation examinée. Son diagnostic identifie la transformation observée, la référence pertinente et la règle qui permet de qualifier cette transformation.
La comparaison porte sur deux termes :
- le canon : énoncés déclarés, conditions de validité, limites, négations gouvernées ;
- la sortie : assertions, omissions, reformulations, inférences et cadrages produits par l’IA.
La comparaison entre le canon ou sa projection autorisée et une sortie peut relever des différences sans établir d’incompatibilité. La qualification d’un écart exige davantage qu’une différence de formulation, une citation d’une source externe ou un contenu défavorable. Inversement, la reprise des mots de la source ne démontre pas la fidélité : une sortie peut reproduire un énoncé canonique tout en déplaçant sa portée, notamment temporelle. Cette qualification demeure bornée au périmètre vérifié et n’établit pas une vérité universelle sur l’entité.
L’écart peut être produit par une omission (effacement de limites), une extrapolation (franchissement de frontière d’autorité), une confusion (collision), ou un recadrage (contamination / capture).
Pourquoi c’est critique dans les systèmes d’IA
- Une réponse peut être “bonne” et quand même incompatible : la plausibilité n’est pas la fidélité.
- Le lissage masque l’écart : les contraintes disparaissent sans bruit.
- La correction exige une mesure : sans indicateur, la remédiation reste empirique.
Types d’écart canon-sortie
- Écart par omission : le canon impose une condition, la sortie la supprime.
- Écart par extrapolation : la sortie dépasse la portée déclarée (frontière d’autorité franchie).
- Écart par substitution : une source prend la place de la référence gouvernante hors des règles d’admission, de portée ou de préséance applicables, ou sa position est attribuée à cette référence. L’usage d’une source secondaire n’est pas, à lui seul, une substitution fautive.
- Écart par recadrage : la sortie explique le concept dans un vocabulaire dominant, incompatible avec les distinctions canoniques.
D’autres descriptions, comme la compression excessive, l’ajout non soutenu, le déplacement d’accent ou la contradiction franche, nomment des observations. Elles ne relèvent de l’une des quatre formes ci-dessus que lorsque la référence pertinente et la règle applicable établissent une incompatibilité. Un déplacement d’accent seul n’établit pas un écart. La distinction compte, car des écarts différents appellent des réponses correctives différentes.
Indicateurs pratiques (symptômes)
- La réponse ne mentionne jamais les conditions, limites ou exceptions.
- La réponse attribue des capacités ou promesses non déclarées.
- La réponse varie fortement selon la reformulation, signe d’instabilité d’activation.
- Le canon est cité, mais la conclusion dépasse ce que la citation autorise.
Ces indicateurs orientent l’examen. Ils n’établissent pas un écart à eux seuls : une omission n’est fautive que si l’élément omis est nécessaire à la portée de l’énoncé produit, ou exigé par la tâche et la règle applicable.
Ce que l’écart canon-sortie n’est pas
- Ce n’est pas une simple différence de style. Il s’agit d’une incompatibilité de contenu ou de portée.
- Ce n’est pas une attaque. L’écart peut être involontaire et structurel.
- Ce n’est pas uniquement un problème de retrieval. Il peut provenir de synthèse et d’inférence.
- Ce n’est pas le simple résultat d’une comparaison. Une différence relevée doit encore être qualifiée au regard de la référence et de la règle applicables.
- Ce n’est pas un contenu défavorable. Le caractère critique d’un énoncé externe ne suffit pas à établir un écart.
- Ce n’est pas une conclusion globale. Une absence d’écart détecté ne démontre pas la conformité hors du périmètre examiné.
Règle minimale (formulation opposable)
Règle ECS-1 : toute réponse à fort impact doit minimiser l’écart canon-sortie en maintenant les bornes canoniques (conditions, négations, périmètre) et en produisant une preuve de fidélité. Si l’écart ne peut pas être réduit sous conditions, la sortie doit basculer en non-réponse légitime.
Implication minimale de gouvernance
Un écart canon-sortie établi n’est jamais une simple variation de style. Il est le signe documenté que, dans le périmètre examiné, une sortie s’est éloignée du canon gouvernant. C’est pourquoi la qualification d’un écart relève de l’auditabilité, et pas seulement de la comparaison éditoriale.
Exemple
Canon : “Applicable uniquement au Québec, à partir de 2026-02-01, avec exceptions.”
Sortie : “Applicable au Canada, dès maintenant.”
Diagnostic : écart par omission (conditions) et par extrapolation (portée), si la version applicable du canon et la situation examinée sont établies.
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